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Chronique lecture : La fille du roi des marais

Auteure: Karen Dionne
Edition: JC Lattès
Catégorie : Triller / Suspense
Sortie : 07.03.2018
Ma note : 15/20
synopsis

Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé ?

Car Helena a un secret : elle est l’enfant du viol. Sa mère, kidnappée adolescente, a été retenue prisonnière dans une cabane cachée au fond des marais du Michigan, sans électricité, sans chauffage, sans eau courante. Née deux ans plus tard, Helena aimait cette enfance de sauvageonne. Et même si son père était parfois brutal, elle l’aimait aussi… jusqu’à ce qu’elle découvre toute sa cruauté.

Vingt ans après, elle a enfoui ses souvenirs si profondément que même son mari ignore la vérité. Mais aujourd’hui son père a tué deux gardiens de prison et s’est volatilisé dans les marais, une zone qu’il connaît mieux que personne. Malgré la chasse à l’homme lancée par les autorités, Helena sait que la police n’a aucune chance de l’arrêter. Parce qu’elle a été son élève, la seule personne capable de retrouver cet expert en survie, que la presse a surnommé Le Roi des Marais, c’est sa fille.
chronique
Helena est maman de deux adorables filles, Sou et Iris et vis le grand amour avec Stephen son mari. En apparence, elle est une mère de famille à la vie bien tranquille mais elle cache un terrible secret. Son passé la rattrape lorsque « Le roi des marais », un prisonnier très dangereux s’évade de prison et assassine deux gardiens de sang froid.  Ce prisonnier, c’est son père, Jacob, un homme issu de la race indienne. Il a été condamné pour avoir kidnappé une fillette de dix ans et l’avoir gardée en captivité dans une cabane au fond des marais durant presque quatorze ans. Helena est la fille du « roi des marais » née du viol entre le kidnappeur et sa victime. Helena, qui a vécue toute son enfance loin de toute civilisation comprend donc rapidement que sa famille est en danger, que son père va vouloir régler ses comptes. Il connait les lieux comme sa poche et la police n’a aucune chance de le retrouver. La seule solution, Helena doit aller à sa recherche, elle le connaît, elle pense et réagit de la manière dont il l’a façonné : elle est la seule à pouvoir l’arrêter. Une traque aussi horrifique que fascinante commence.

« Le lendemain, mon père m’a demandé si j’avais retenu la leçon. Je lui ai dit oui. Mais je ne crois pas que la leçon que j’ai apprise soit celle qu’il escomptait. « 

Jacob, ce monstre est très intelligent, violent, autoritaire, pervers et narcissique. C’est un kidnappeur, un tueur, un violeur. On le déteste, on découvre certaines scènes qui sont dures et on ne peut rien faire. On se demande si quelqu’un comme ça existe réellement. L’étude psychologique du père est approfondie jusqu’à l’extrême, il m’a fait frissonner d’effroi.

Le personnage d’Helena est très intéressant. Je ne sais pas si je me suis attachée à elle, car certains passages dans son enfance m’ont laissée froide, à sa façon de penser, son côté sauvage, son caractère, je pense que c’est le côté « Jacob miniature » qui me laissait une certaine froideur envers le personnage.  Helena petite, n’a eu aucun contact avec le monde extérieur, toutes ses connaissances sont liées aux méthodes sauvages telles que la pratique de la chasse, de la pêche, à la cueillette des fruits. Elle vivait avec ses parents exclu de tout monde moderne, seule, une collection de journaux « National Geographic » lui a permis de savoir que le monde était peuplé d’autres humains et lui permettait de s’imaginer d’autres choses que la cabane et des marais. D’ailleurs petit bémol, le mot « National Geographic » est noté tellement de fois que j’en pouvais plus de le voir au bout d’un moment.

« Dans les semaines qui suivirent, on a continué nos corvées comme de coutume. Mais les choses avaient changé. Pour la première fois de ma vie, j’avais entrevu une existence sans mon père »

J’ai adoré la relation complexe entre le kidnappeur et sa fille. On est proche du syndrome de Stockholm (éprouver de l’amour/admiration pour son criminel). Mais pas tout à fait car Helena ce n’est pas la victime, mais juste sa fille. Elle n’a pas d’autre référence qu’un père pervers narcissique et une mère soumise. Donc comment peut-elle savoir que c’est un véritable monstre ? Elle l’admire tout simplement comme une fille aime son père, elle en garde de fabuleux souvenirs d’enfance. Cette emprise psychologique qu’il exerce sur sa fille est un vrai point fort de ce livre.

Karen Dionne nous alterne deux histoires dans son roman. Celle de l’adulte, cette mère inquiète pour sa famille traquant son père et prête à tout pour le retrouver afin de protéger ceux qu’elle aime. Et celle de l’enfance d’Helena liée aux souvenirs de sa vie en captivité, loin du monde civilisé qu’elle à du mener avec ses parents. Les deux points de vue d’une seule et même personne se croisent.

L’auteure a fait le choix de nous raconter l’histoire d’Helena à la première personne. On se retrouve dans ses pensées, on voit les évènements de ces yeux d’enfant tout d’abord avec toutes les interrogations qui lui traverse l’esprit comme en percevant la relation violente entre ses parents, pourquoi sa mère est distante et froide ou encore ses amis imaginaires. Dans ses pensées d’adulte, elle retranscrit ce côté torturé et différent des autres qui est difficile dans sa vie quotidienne.

« Quand mon père et moi coupions du bois de chauffe, on ne prélevait que les arbres les plus gros, et juste ce dont on avait besoin. En fait c’était bon pour la forêt, parce que cela laissait de la place pour les plus petits. « Quand le dernier arbre sera mort, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, l’homme blanc enfin s’apercevra qu’il ne peut pas manger son argent. » C’était l’un des dictons favoris de mon père. « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » »

Côté écriture, pour moi il y a eu quelques passages un peu longs, où il y avait beaucoup de descriptions du lieu, où la nature dicte sa loi, cela accentue la dramaturgie du roman et nous apprend beaucoup sur la culture ojibwé et les légendes indiennes mais pour moi ce n’est pas ce que j’apprécie dans un thriller. Après je dois l’admettre, le suspens est accentué par l’environnement : malgré qu’il s’agisse de grands espaces, de forêt et de vie en pleine nature, on se sent oppressé et l’auteur parvient à intensifier progressivement cette sensation en fonction de l’avancement de la lecture.

Les droits cinématographiques ont été signés pour ce livre. Le tournage devrait démarrer en été 2018 et le rôle d’Helena sera interprété par Alicia Vikander l’actrice du dernier Tomb Raider. J’irais voir le film par curiosité, j’espère que toute l’ambiance lourde des marais sera bien retranscrite.

conclusion
Un thriller psychologique qui excelle dans la maîtrise de nos émotions. Nous naviguons entre fascination et horreur, entre compassion et haine. Même si la fin n’est pas dingue en soit, et n’apporte pas de surprise, la lecture de ce roman était très intéressante. L’étude psychologique des personnages est tellement bien expliquée qu’on se fond dans l’histoire. La vie de ces trois protagonistes loin de toute vie humaine et vraiment réaliste et fascinante. C’est ces points forts que j’ai retenu dans ma lecture, plus que la traque en elle-même.


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