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Chronique Lecture : Petit Coeur

Auteure: Kim Van Kooten
Edition: Calmann Lévy
Catégorie : Témoignage
Sortie : 31.01.18
Ma note : 16/20

synopsis
INSPIRÉ DE LA TERRIBLE ENFANCE DE SA MEILLEURE AMIE

L’anniversaire des cinq ans de Puck restera gravé dans sa mémoire : non seulement sa mère, bimbo blonde désespérée, lui présente son nouveau beau-père, un « très vieux monsieur », mais elles quittent aussitôt leur taudis pour emménager dans son « château ». Du jour au lendemain, c’est le conte de fées pour la mère : luxe à tous les étages et accès illimité à la carte bancaire de Monsieur. Éberluée, Puck l’observe, plus aguicheuse chaque jour, se pavaner devant son mari.

Cependant, ce dernier ne semble en rien sensible à ses charmes. C’est plutôt avec Puck qu’il aime passer du temps. Il adore lui laver les cheveux, la regarder dans son bain, puis la photographier. Alors que sa perversité se déploie chaque jour, sa mère ferme les yeux. Mais combien de temps Puck peut-elle encore tenir pour ne pas briser les rêves de sa mère ?

Un premier roman aussi bouleversant que perturbant. Le portrait d’une mère dans le déni à couper le souffle, et un regard inédit sur l’inceste.

chronique

Difficile de mettre une catégorie sur ce roman, inspiré d’une histoire vraie ou un témoignage ? Je pensais qu’il avait une part de fiction étant donné que c’est indiqué « inspiré d’une histoire vraie » mais non, ce roman est un témoignage.

Difficile d’en parler tellement le sujet est poignant, dérangeant, malsain et si réaliste. Un chose est sûre, ce n’est pas une lecture à mettre entre toutes les mains, certains passage sont crus, sans filtre et il faut donc avoir le coeur bien accroché. Il m’est arrivé de nombreuses fois de m’énerver toute seule devant les passages d’inceste du roman sans malheureusement rien pouvoir faire a part constaté la souffrance qui s’en dégage.

« Au bout du compte, la vérité sort toujours au grand jour, même quand on essaie de très bien la cacher. On a beau avoir un coffre avec des grosses parois métalliques, un code très compliqué, cela ne sert à rien. Les vrais secrets, les grands, ont envie qu’on les découvre. Parce qu’ils sont seuls. Et parce qu’ils grandissent. »

Dans ce roman, on va suivre la petite Puck dès l’âge de 5 ans jusqu’à son adolescence du haut de ses 14 ans. A son cinquième anniversaire, sa mère lui offre une sacrée surprise, elles quittent leur quartier pauvre et leur vie misérable pour aller vivre un conte de fées dans une immense maison avec pleins de cadeaux. Elles emménagent chez le nouveau petit-ami de la maman, un homme très vieux, mais surtout très riche et pour cette dernière, c’est tout ce qui conte. Une carte de crédit illimitée est égale au bonheur, à la belle vie. Ce « nouveau papa » n’est pourtant pas très intéressée par la maman mais plutôt par le petite fille de 5 ans qui va devenir son nouveau jouet sexuel dans le plus sombre des secrets.

Puck est très touchante, on ressent sa souffrance, sa honte d’en parler quitte à s’inventer une vie pour dire que tout va bien. Son état physique, ses douleurs sont très bien retranscrites. Son état mental aussi avec son anorexie, les stratagèmes qu’elle met en place pour éviter d’être tête à tête avec ce pervers. J’ai énormément de respect pour elle, elle est tellement mature, si vite, au lieu de profiter de la vie d’une adolescente lambda, de rire avec des amis, d’être insouciante, elle doit régler des affaires importantes comme l’achat d’un appartement, la gestion d’argent, et en plus s’occuper de sa mère qui joue à l’enfant. Sans parler de tout le courage qu’elle fait preuve pour parler de ce qui lui arrive. Un personnage qu’on aime, qu’on admire et pour qui on a énormément de compassion et de pitié.

Quant à sa mère c’est le contraire, je la déteste, elle m’a exaspérée ! Je crois ne m’être jamais autant énervée sur un livre en lisant des passage sur elle. Elle est capricieuse, vénale, irresponsable, une vraie gamine qui ne pense qu’à elle. La famille de Puck, elle aussi, est plus accro à l’argent qu’au bonheur ou au soin de la petite fille, ils sont en plus violents, de vrais cas sociaux. On a souvent des envies de claques avec ces personnages.

« C’est parce que mes parents n’ont pas de sujets de conversation. Papa me l’a dit assez souvent : « Ta mère et moi, nous n’avons rien à nous dire. Avec toi je peux parler. Tu me comprends, parce que nous nous ressemblons. Pour moi, c’est toi la plus exceptionnelle, tu le sais non ? »

Je ne parle même pas de « Tonton Monsieur » que Puck appellera ensuite « Papa », ce pédophile tout simplement répugnant qu’on a des envies de meurtre à la vue de ce qu’il fait subir à cette pauvre Puck. Il lui fait du chantage, il la manipule avec des phrases du type « papa t’aime plus que maman », il l’a menace, il la conditionne à être la petite fille parfaite à ses yeux et tout ça avec tant d’expérience que ça en devient vraiment perturbant. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage du professeur, c’est une des seules personnes qui soutien et aide cet enfant.

L’auteure a beaucoup de sensibilité dans sa plume malgré que ce n’est pas son métier de base, elle est actrice. Tout au long de l’histoire, on est la petite fille, Puck et j’ai adoré le fait qu’à chaque période de sa vie on évolue avec le personnage. A 5 ans, les phrases sont courtes, avec des mots d’une enfant de cet âge, avec sa vision des choses. Dès qu’on approche de l’adolescente, le vocabulaire change, ses réflexions sont plus matures. On est vraiment transporté par les mots ce qui rend ce récit réaliste. Un petit point négatif tout de même, mais plutôt dû à la traduction du livre, étant donné que le roman est traduit du néerlandais, il y plusieurs références des pays-bas comme de la musique, des films ou autres et ils ne sont pas toujours traduit donc difficile de se projeté dans ces éléments qu’on ne connaît pas, cependant cela n’a gâché en rien ma lecture.

Je suis mitigée par la fin du livre, je ne sais pas si je l’ai réellement bien comprise en fait. Car pour moi il y a deux interprétations possibles, je ne vais bien évidemment pas en parler pour ne rien vous spoiler. J’aurais bien voulu un peu plus de détails, de justice mais étant donné que c’est un témoignage, on ne pouvais peux être pas en attendre plus de cette fin d’histoire. Bref, je m’interroge encore.

conclusion
Ce roman inspiré de l’enfance de la meilleure amie de l’auteur est évidemment dérangeant mais aussi totalement addictif. Un récit poignant et qui laisse une trace après son passage. Un roman à lire par un public averti étant donné la narration par la petite fille et le thème de l’inceste.


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