Chronique livres, Lecture, Michel Lafon, Nuala Ellwood, Partenariat, Suspense, Thriller

Chronique lecture : Ceux qui te mentent

Auteur: Nuala Ellwood
Edition: Michel Lafon
Catégorie : Thriller
Sortie : 08.02.2018
Ma note : 14/20
synopsis

Kate est reporter de guerre et souffre de stress post traumatique. À cause, entre autres, d’un enfant qu’elle n’a pas pu sauver à Alep.

Quand elle rentre à Herne Bay pour les obsèques de sa mère, Kate se souvient de cet endroit où tout allait bien jusqu’à la mort de David, son petit frère. Un accident, dira-t-on. Ensuite plus rien n’a jamais été pareil. Leur père est devenu violent. Leur mère a perdu la raison. Puis sa sœur, Sally, a sombré elle aussi, malgré l’aide de son mari, Paul. Dès son retour dans la maison de sa mère, Kate se sent oppressée et abuse des somnifères. Elle entend un petit garçon crier la nuit chez les voisins et ne sait plus ce qui est réel ou le fruit de son imagination torturée. Alors elle prévient Paul et Sally qui ne la croient pas, la police non plus, il n’y a pas d’enfant chez la voisine qui vit seule. Pourtant elle l’a vu. Dans le jardin d’à côté. Elle sait qu’il existe…

chronique

Dans ce roman, on y suit Kate, grand reporter de guerre qui revient de Syrie. Là-bas, elle a vécu un évènement tragique et souffre depuis d’un choc post-traumatique. Elle entend des voix, fait des cauchemars et se bourre de médicaments. Elle revient dans sa ville natale, dans sa maison de famille après une absence d’une dizaine d’années suite au décès de sa mère. Kate ne se s’y sent pas bien, elle a eu une enfance très compliquée, un père violent et alcoolique, une mère soumise et défaillante, un petit frère mort noyé quand elle n’était encore qu’une enfant et une sœur devenue elle aussi alcoolique depuis le décès de son papa. Avouez que ça n’a pas du être rose tous les jours et on comprend tout de suite mieux pourquoi Kate n’est pas à l’aise dans son ancienne maison.

Elle est dévastée, heureusement que son beau-frère l’aide et l’encourage dans ce passage à vide. C’est d’ailleurs le seul qui la soutien dans l’espoir qu’elle se rapproche de sa sœur, Sally, et qu’elles aillent toutes deux mieux. Kate fait un parallèle entre la mort de son petit frère et le jeune garçon qu’elle n’a pas pu sauver à Alep en Syrie. Ses cauchemars étant de plus en plus présents, elle se met, elle aussi, à boire et à prendre plusieurs pilules pour dormir et se relaxer. Pourtant, la nuit, elle entend un petit garçon appeler à l’aide dans le jardin des voisins. Or, aucun garçon ne vit dans la maison d’à côté ! Kate a-t-elle des hallucinations ? Pourtant elle est sûre qu’il existe, ce n’était pas un rêve, personne ne la croit mais elle est déterminée et elle va donc tout faire pour trouver une explication rationnelle à ce phénomène. La réalité dépasse tout ce qu’elle aurait pu imaginer !

« J’ai l’impression de me déconnecter : la Syrie, Londres, Chris appartiennent à une autre vie. La seule qui soit réelle, c’est cette vie-là, dans cette station balnéaire. Je ne suis plus une journaliste risque-tout, je suis une adolescente terrorisée, tapie derrière les rideaux, effrayée par les cauchemars qui surgissent dès qu’elle s’endort. »

Au départ, on suit Kate et les chapitres alternent entre le présent et le passé.  Dans le présent, elle est interrogée par une psychiatre lors de sa garde à vue pour une condamnation qu’on ne connait pas tout de suite. Cette psychiatre a pour but d’évaluer son état psychique pour voir si elle est un danger pour la société et si elle doit suivre un traitement. Cela permet de revenir sur le vécu de Kate et de comprendre les troubles dont elle est victime dans le présent. Le jeu de questions-réponses entre ces deux femmes met en valeur subtilement et très intelligemment les drames du passé qui nous emmène petit à petit sur l’intrigue du présent. Dans le passé, on va suivre Kate lors de ces voyages en Syrie et ce qui s’est passé dans son enfance.

Ce livre est le premier de Nuala Ellwood, je trouve que pour un premier roman il est vraiment bien scénarisé, très captivant, un super thriller psychologique. La plume est fluide et elle aborde des thématiques profondes et actuelles avec la guerre en Syrie et les troubles psychologiques. En plus de tout ça, les personnages sont réalistes, et on y apprend beaucoup de violences familiales, manipulation perverses et alcoolisme. Et en plus, une histoire compliquée entre deux sœurs déchirées depuis leur plus « tendre » enfance.

L’histoire est scindée en 2 parties, la première permet de découvrir le personnage principal, Kate. Le second nous permet de suivre l’histoire dans les yeux de sa sœur, Sally. J’ai été déçue par le rythme donné dans la première partie, je trouvais long, il  avait beaucoup trop d’évènements sombres, je ne m’étais pas forcément attachée à Kate il y avait des répétitions et pas assez entraînant. Cependant, au moment où je me disais que je perdais l’entrain dans ma lecture, la deuxième partie à commencé et là changement complet. Ce changement de point de vue est vraiment bien tombé et le rythme était beaucoup plus entrainant, depuis, je n’ai pas cessé de tourner les pages jusqu’à la fin de l’histoire. Plusieurs rebondissements rendaient la lecture vraiment addictive.

« L’interne des urgences exténué qui m’a tendu un flacon de comprimés comme si c’étaient des bonbons. Ensuite, allongée sur le lit, l’étrange sensation d’apesanteur en attendant qu’ils agissent. Leurs effets secondaires étaient pires que la pire des hallucinations, que le pire des cauchemars : j’étais incapable de réfléchir, je pouvais à peine formuler une phrase, encore moins rédiger un article ou mener une interview. En deux semaines, je suis devenue une loque. Je n’avais qu’une envie : dormir, manger et ne penser à rien. J’ai fini par les jeter dans les toilettes. « 

Kate est une femme meurtrie, éprouvée physiquement et émotionnellement qui revient dans la maison familiale. Encore une fois, j’ai l’impression que cela devient chronique dans les thrillers, le mélange alcool et médicament coule à flots. Mais c’est une femme forte, on le ressent, après tout on ne devient pas reporter de guerre sans un fort caractère, elle est têtue et sais ce qu’elle veut et ne lâche pas le morceau. Elle est en quête de vérité, elle veut comprendre, ce qui s’est passé pour son frère et qui est cet enfant dans le jardin des voisins. Elle affronte tant bien que mal ses démons qui la hantent.

L’intrigue familiale est également hyper prenante, tous ces secrets bien enfouis, les non-dits qui dévorent encore les deux sœurs. Kate et Sally ont une relation extrêmement compliquée suite à cette enfance difficile qui a causé beaucoup de dégâts psychologiques et les a éloignées l’une de l’autre. Cela rend ces deux femmes attachantes et on a énormément de douleurs pour ce qu’elles vivent.

En parallèle, on suit sa soeur Sally, alcoolique comme son père depuis de très nombreuses années, elle est complètement à la dérive, se laisse aller de plus en plus. Ce comportement lui à même coûté sa fille qui est partie du cocon familiale et avec laquelle elle n’a plus de contact. Son mari, Paul est la seule personne qui est encore présent à ses côtés, qui la soutien. Sally a beaucoup apporté à l’histoire et je m’ suis beaucoup plus attachée durant ma lecture.

« L’email était apparu dans ma messagerie alors que j’étais terrée dans une cave en Syrie: Maman est morte, j’ai pensé que tu devais le savoir. Une ligne. Une seule phase lapidaire pour m’annoncer que ma mère, que j’aimais plus que tout, était décédée. Salope »

La fin est vraiment impossible à deviner, je vous promets, je ne vous croirais pas si c’est votre cas. Par contre, j’ai deviné, grâce au titre, assez rapidement qui était la personne qui manipule et qui ment à son entourage. Cela n’a quand même pas gâché la fin car comme je vous l’ai dit c’est beaucoup plus complexe et le reste je ne l’ai clairement pas vu venir, tellement cruelle, tellement bouleversante.

conclusion

En bref, j’ai beaucoup aimé l’ambiance dans ce roman, un super thriller psychologique avec une fin de dingue qui vous fera vraiment de l’effet. Toutefois, il m’aura manqué un petit quelque chose pour en faire une très bonne lecture, d’où ma note de 14/20. La lecture était pas mal durant la première moitié et franchement addictive jusqu’à la vérité finale.


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2 réflexions au sujet de “Chronique lecture : Ceux qui te mentent”

  1. « La lecture était pas mal durant la première moitié et franchement addictive jusqu’à la vérité finale » du coup 14/20 ?? je comprends pas bien, 14 c’est moyen…

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    1. Coucou Cécile, je note plusieurs points comme l’émotion, l’écriture, les personnages, le final, l’intrigue. 14 correspond a presque 4 étoiles 🌟 donc c’est ce que j’ai ressenti avec cette lecture. Si peux être la plume ou les personnages avaient été plus travaillés, cet ouvrage aurait gagné selon moi quelques points supplémentaires. Mais j’en parle dans le développement de la chronique. J’espère avoir pu répondre à ton interrogation. Bonne journée

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