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Chronique lecture : Juste un peu de temps

Auteure: Caroline Boudet
Edition: Stock
Catégorie : Littérature contemporaine
Mots clés : Charge mentale, Famille, Féminisme
Pages : 230
Sortie : 02.05.2018
Ma note : 20/20
COUP DE CŒUR
synopsis
« La charge mentale. La foutue charge mentale. Qui ressemble de plus en plus à une charge explosive qu’elle ferait volontiers sauter… Quelque chose a claqué en elle. Sophie ne voulait pas rentrer, ne pouvait pas. Elle ne voulait plus de cette vie-là. Ses pieds n’avaient tout simplement pas pu prendre le chemin de la gare, ses doigts avaient d’eux-mêmes éteint son portable, et son instinct maternel — je suis indispensable, je suis coupable, ils ne sont rien sans moi — s’est mis en mode silencieux pour la première fois depuis sept ans. Un silence absolument, pleinement, intensément reposant. »
chronique
Ce livre est un véritable coup de cœur. Il y a tellement d’éléments que je ne sais même pas par où commencer cette chronique. Pour vous planter un peu l’histoire, nous allons suivre Sophie, 35 ans, maman de 3 enfants dont un bébé et mariée avec Loïc qu’elle aime tendrement depuis plusieurs années. La vie de Sophie à l’air parfaite, malgré son job à plein temps, elle est organisée, tout est rangé à sa place, elle envie tous ces voisins de mener aussi bien sa vie aussi remplie soit elle.

Pourtant la vie de Sophie n’est pas aussi rose qu’elle n’y parait, au quotidien elle vit un drame d’actualité dans notre société, la charge mentale. Sa vie ne s’apparente pas à celle que l’on peut voir dans les films, la belle femme dans la fleur de l’âge, sûre d’elle, à sortir faire un brunch le dimanche entre copines. Sa vie c’est plutôt dans le genre beaucoup plus réaliste, rendez-vous médicaux pour les enfants, les couches, réviser les devoirs, préparation du repas, réunions professionnelles, faire le linge etc.. Tout est prévu, préparé, anticipé et rien n’est laissé au hasard, l’imprévu n’existe pas. Le stress quotidien, les angoisses que nous avons toutes, les doutes sur les éléments existentielle, être à tout prix la femme parfaite, la mère exemplaire, l’amante exubérante et la business woman au top.

Elle en a marre de ne plus avoir une minute pour elle, un midi Sophie quitte son mari, ses enfants, son travail sur un coup de tête. Elle a besoin de repos, de se retrouver seul, de profiter juste quelques heures. La fatigue est tellement grande, ce qui devait durer que quelques heures se prolonge mais pour combien de temps ?

Personnellement je n’ai pas d’enfants et pourtant je me suis identifiée à Sophie avec son Burn-Out familial, ou encore à Aurélie (oui j’ai des chapitres qui porte mon nom c’est pas la classe ça !). Je pense que la charge mentale touche la plupart d’entre nous, et plus particulièrement les femmes.

L’auteure a su poser les mots justes pour décrire la réalité de notre quotidien, nous ouvrir les yeux sur cette charge mentale avec une facilité déconcertante et un talent exceptionnel. Ce livre m’a touchée, bouleversée et je ne pense pas que l’on peut rester insensible après l’avoir lu.

Le découpage du roman est très intéressant, on suit bien évidemment Sophie qui est notre « héroïne » principale, mais nous avons aussi d’autres points de vue qui nous permettent de mieux comprendre l’avis extérieur face à la fugue de Sophie et aussi d’aborder d’autres thèmes tout aussi important comme la pression sociale pour une femme d’une trentaine d’années épanouie sans enfants.

Dans ces personnages, on a entre autres, Loïc, son mari qui ne comprend pas ce qu’il lui arrive, qui pense qu’elle a une aventure amoureuse, qui a l’impression de l’aider au quotidien. Un mari a coté de la plaque disons le clairement, il m’a plutôt énervée durant ma lecture. Il y a aussi Virginie, la voisine complètement sous l’eau qui ne comprend pas comment Sophie arrive à s’en sortir aussi aisément avec sa grande famille alors qu’elle ne voit pas qu’elle sont dans le même bateau et qu’elles souffrent autant l’une que l’autre.

L’auteur parle aussi furtivement de la charge mentale dans le monde professionnel. Avec des petites phrases dérangeantes comme « tu as pris ton après-midi ? » quand on part 30 minutes plus tôt du travail. Ou encore, tomber enceinte et que la cheffe pense qu’au remplacement difficile étant donné que l’on est tellement important dans la société pour te faire culpabiliser alors que c’est à la base une bonne nouvelle.

Extraits

« Il lui semblait qu’en 2016 les femmes avaient acquis le droit de travailler, de voter, d’avoir leur propre compte en banque, de porter des pantalons, d’élever des enfants seules, mais toujours pas celui de ne pas porter la pancarte « en cas d’emmerdement familial, merci de vous adresser à cette personne, et celle-là seulement » « 

« Pourquoi avoir inventé Google alors qu’il existe déjà les femmes et les mères pour répondre à toutes vos questions : où sont mes habits ? On fait quoi ce week-end ? C’est à quelle heure le restau déjà, demain ? La boulangerie, c’est ouvert jusqu’à 19 ou 20 heures ? Ils sont où, mes crayons de couleur ? C’est quel jour, le rendez-vous de la petite chez le médecin déjà ? Tiens, la femme de ménage a dit de noter qu’on n’a plus de produit pour les vitres. Je vais faire les courses, tu me fais une liste ? Il est où, mon doudou ? Qu’est-ce que je t’ai dit que je ne devais surtout pas oublier, hier soir, déjà ? (La meilleure, celle-là.) « 

« Sois nature mais avec les pores de la peau resserrés. Aime les plaisirs de la vie mais reste mince. Fais des enfants mais deviens chef d’entreprise. Lève-toi tôt pour méditer mais dors huit heures pour être fraîche. Sois une maman aimante et une amante un peu chienne. Sois féminine mais pas trop genrée. Assume ton âge mais teins-toi les racines. Sois le centre de ton foyer, la muse de ton homme, la matrone pour tes enfants, la douceur pour ton mari, la dirigeante pour tes salariés, la rigolote pour tes copines, la psychologue pour tes collègues. Sois tout. Sois : la femme qui a tout, puisque maintenant vous pouvez tout avoir (alors prenez-le vite, avant qu’on vous le retire) »

« C’est insidieux, ça commence par de gentilles attentions lors de l’installation en couple : « Mon amour, je lance une machine, t’as des trucs à mettre au sale ? » Et là, bam ! Le pli est pris pour trente-cinq ans. Mesdemoiselles, je vous en conjure, ne proposez JAMAIS par gentillesse de lancer « votre » machine et n’ajoutez jamais « non, mais j’allais le faire, ça ne me coûte rien ». Par ces mots, vous signez un pacte avec le diable de la ménagère.  » 

conclusion
Un livre coup de cœur sur le thème de la charge mentale qui est un réel problème de notre société actuelle. Une plume addictive, rythmée avec de l’humour qui rend le texte dynamique. Ce livre m’a touchée, bouleversée et je ne pense pas que l’on peut rester insensible après l’avoir lu. A retenir de cette lecture, prendre du temps pour soi est important, il faut arrêter de dire de penser toujours aux autres et s’oublier petit à petit. Parfois il faut savoir être un peu égoïste mais c’est pour notre bien mental.


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