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Chronique lecture : iRachel

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Auteure: Cass Hunter
Traduction : Lucie Delplanque
Edition: JC Lattès
Catégorie : Contemporain
Mots clés : Robotique, Science-Fiction, Famille, Deuil, Reconstruction, Souffrance, Entraide, Intelligence Artificielle, Maladie
Pages : 363
Sortie : 10.10.2018
Ma note : 18/20synopsis

Elle est partie mais son amour survit

Rachel est une ingénieure surdouée et Aidan un mari aimant et compréhensif. Hélas, à la mort prématurée de Rachel, Aidan doit faire front pour continuer à élever seul leur fille unique.

Mais Rachel a laissé derrière elle le projet de sa vie, un cadeau d’amour pour leur permettre de continuer à se voir même après sa mort.

Un cadeau nommé iRachel.

iRachel est une histoire émouvante sur l’amour, la perte, la nostalgie et l’appartenance.

chronique

Lorsque que j’ai lu le résumé de ce roman, je me suis tout de suite dis que ça n’allait pas être une lecture facile. Malgré tout, la quatrième de couverture m’a convaincue avec son thème sur la robotique. Ayant adoré le film iRobot avec Will Smith, il fallait que je lise ce livre sur ce thème qui m’intéresse.

On est plongé dès le départ par le décès prématuré et violent de la mère de famille, Rachel. On aborde donc à froid les thèmes du deuil, la tristesse et la reconstruction du mari, Aidan et de leur fille unique, Chloé. Mais Rachel étant une scientifique spécialisée en Intelligence Artificielle, leur a laissé un cadeau d’adieu plutôt particulier. Un robot appelé iRachel qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la mère de famille. Rachel à tout prévu car cet androïde a spécialement été programmé pour aider la famille à faire le deuil et pouvoir aussi les aider dans leur vie quotidienne.

J’ai bien aimé l’arrivée de iRachel dans la vie de famille, cette présence insolite amène beaucoup de moments cocasses et m’ont fait rire tellement la situation est particulière. A ce moment, j’ai pourtant eu de la peine à m’attacher à iRachel, je pense que c’était voulu de la part de l’auteure. Ce robot a spécialement été programmé les aider pourtant elle n’a rien d’humaine, elle parle comme un robot, réfléchit de manière logique et décrypte les émotions de son entourage qu’en analysant les plis du visage.

Petit à petit, iRachel s’adapte à son environnement, elle évolue et procure chez nous lecteurs, beaucoup d’attachement. Elle commence à apprendre ce qu’est une émotion, les ressentir, avoir des envies, des rêves, elle s’humanise tout simplement. J’étais fascinée de son évolution, de sa manière d’interagir, de sa bienveillance et de son empathie. Un personnage que je n’appréciais pas devenue au fil des pages un véritable coup de cœur.

Concernant les autres protagonistes, ils sont tout simplement touchants. On apprend à connaitre Rachel à travers son robot, on se rend compte de la personne formidable et épanouie qu’elle était malgré ses défauts.  Aidan, le mari tente de savoir pourquoi Rachel à créer ce robot, qu’elle est le message qu’elle essaie de lui faire passer, il est tellement chamboulé de voir le portrait de sa femme défunte devant lui. Quant à la petite Chloé, elle refuse toute interaction avec iRachel, elle en veut à sa mère d’être partie de cette façon. Chacun d’eux gèrent le deuil tant bien que mal.

L’auteure à fait le judicieux choix d’alterner à chaque chapitre de points de vue.  La narration est à la troisième personne quand on suit Chloé, Aidan ou Luke, le collègue scientifique de Rachel et se change en première personne quand on est dans la tête de l’androïde. Malgré cette différence de narration, c’est très bien écrit et ça se lit très vite ce que j’ai apprécié.

Je m’étais imaginée beaucoup de scènes finales différentes. Et je dois avouer que celle que nous propose Cass Hunter est percutante et pertinente même si elle ne me plait pas. Elle nous questionne, elle nous oblige à savoir ce qui est le mieux pour la suite. Comment une situation comme celle-ci a évolué de cette façon. Je ne voulais pas cette fin mais avec le recul, cette dernière est tout simplement parfaite.

Extraits

(iRachel, concernant Chloé)

«Elle fait de tels efforts pour ne pas être comme Rachel. Un jour, elle va utiliser cette énergie pour être Chloé. Alors, le monde lui appartiendra »

 

« Souhaiteriez-vous que je vous apporte une collation ? Elle a répondu par une phrase partiellement inaudible, mais qui, comparée à ma base de données, ressemblait à quelque chose comme « Bas de fer foot ». La logique suggère qu’il ne s’agit pas d’une référence au sport collectif, mais d’une requête ordinairement reconnue comme impolie pour que je m’éloigne de l’endroit où je me trouve.»

 

« Chloé retourna dans sa chambre en feuilletant lentement les pages. Quelques annotations la firent sourire, comme celle où Rachel avait baptisé une plante particulière : « Bidule à feuilles hérisson avec fleurs roses en tige, qui virent au rouge. Un peu comme la sauge. Aucune idée de ce que c’est. Déjà là quand on a emménagé. Increvable. »

« Nous inventons, développons, explorons et créons parce que nous sommes insatisfaits de ce que nous avons. La guerre comme la poésie existent, parce que nous voulons, nous désirons, nous mourons d’envie de posséder ce que nous ne pouvons pas avoir. Être humain, c’est vouloir. »

« Je crois qu’on a beaucoup appris l’un sur l’autre, ce week-end-là. J’ai compris que j’aurais toujours la seconde place, dans la vie de Rachel, après le travail. Mais que la seconde place, c’était déjà énorme. Et elle a appris à accepter que je ne sois pas ambitieux. Je voulais juste être heureux et je trouve aujourd’hui encore mon bonheur dans des choses simples : l’amour, les copains, une bonne bouffe, une blague. »

conclusion

IRachel est une belle découverte qui ne laisse pas indifférent, j’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux et cette relation qui s’installe entre l’androïde et la famille est fascinante et émouvante. Grâce à l’arrivée de ce robot dans la maison, nous allons apprendre à connaître cette famille tellement attachante, remplie d’amour qui tente de se reconstruire par le deuil d’une personne chère.  Ce roman est rempli de situations débordant d’humanité, de rires et de larmes. Une auteure de talent avec une plume d’une grande finesse remplie de sensibilité qui donne matière à réflexion sur l’intelligence artificielle.

SIGNATURE

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